La vie de la ruche en avril

par Fa1con74

Activité au rucher au mois

Somaire

Enfin le printemps… Nous l’avons attendu et les abeilles aussi !
Et c’est encore bien fragile. Les prévisions pour ce week-end Pascale pour les 2 savoies sont celles d’un mois de mai et le reste de la semaine sera pareil.

Mais attention les nuits peuvent être encore fraîche, notamment en montagne .

Que se passe-t-il à l’intérieur de la ruche

Ca y est, c’est vraiment le printemps… Avec le mois de mai, avril est vraiment le mois des fleurs. Ces mois d’avril et mai sont les mois les plus importants de l’année apicole.
L’avenir des ruches dépend de cette période. Que le temps ne soit pas propice à une bonne floraison et nos ruches vont avoir du mal à se développer correctement.
Au trou de vol, il y a d’incessantes allées-venues des abeilles les pattes chargées de grosses pelotes de pollen et le jabot plein de nectar des premières fleurs. Ces allées-venues sont de bonnes indications de vitalité d’une ruche. Plus les abeilles sont nombreuses à rentrer du pollen, plus il est probable que la ruche soit forte.
De nombreuses abeilles d’été sont nées tous les jours depuis quelques semaines et seulement quelques abeilles d’hiver sont encore présentes. Elles disparaîtront totalement durant ce mois. En ce moment, à moins d’une météo extrême, la population augmente de plusieurs centaines d’abeilles tous les jours.

Ce que doit faire l’apiculteur sur les ruches

Dès les premiers embouteillages, il faut absolument agrandir le trou de vol. Si la nature le veut bien, nos colonies vont se développer très vite ce mois-ci. Il faudra les surveiller, car certaines vont se développer si vite qu’il faudra très vite penser à diviser ou agrandir avec des cadres à construire, alors même que la température est encore trop juste pour la visite de printemps.

Agrandir :

Comme nous le disions un peu plus haut le développement des colonies est très rapide en ce mois d’avril. Si le corps de ruche vous paraît bien encombré, il faudra agrandir. Une colonie à qui il faut donner de la place début avril est forcément une colonie forte ou très forte qui risque d’essaimer. Il faut donc lui donner de quoi s’occuper et lui faire construire des cadres. Si dans la hausse, vous lui donnez un cadre sur deux à construire cela occupera les cirières et permettra le stockage des premières rentrées.

Attention souvent en avril, il fait encore très froid, l’addition d’une hausse au-dessus du nid à couvain est un stress énorme et surtout une énorme déperdition de chaleur pour la colonie. Cette intervention perturbe aussi considérablement la ponte de la reine qui va mettre un certain temps avant de reprendre la ponte. Pour éviter ou minimiser ce phénomène, il est conseillé de placer une feuille de journal sur le nid à couvain et de ne laisser que 5 à 10 cm d’ouverture sur l’avant entre le corps de ruche et la hausse. Cette ouverture permet à une petite partie de la chaleur de préchauffer la hausse. La plus grosse partie de la chaleur restant dans le nid à couvain protégé par le journal. Quand les abeilles seront prêtes et qu’un certain équilibre sera rétabli, les abeilles rogneront le journal et monteront dans la hausse.

Attention mettre une hausse sur une colonie trop faible est très préjudiciable au développement de cette colonie.

Diviser ou faire des nucleï :

A moins d’une année exceptionnellement favorable, avril dans notre région n’est pas le mois idéal pour créer les nucleï. Ces opérations se font quelquefois fin avril, mais surtout début mai, aussi en parlerons-nous le mois prochain.

Visite de printemps :

Dès que la température le permet, par une belle journée sans vent, lorsque la température dépasse 20 degrés pendant 3 jours consécutifs, on fera la visite de printemps au plus chaud de la journée. On commencera par une ruche qui paraît forte, cela nous donnera une référence et permettra éventuellement de voir si des cadres de couvain sont disponibles pour une ruche faible. Peu d’apiculteurs le font malheureusement, mais quand on passe d’une ruche à l’autre lors de cette visite, il serait judicieux de désinfecter le lève-cadre et les gants avant chaque nouvelle visite, ceci bien sûr pour ne pas transmettre de maladies. On commencera par nettoyer ou changer le fond de ruche qui nous donnera une première indication sur la santé de la ruche. L’idéal est d’avoir un socle de réserve, ce qui permettra une manipulation simple qui consiste juste à déplacer le corps de ruche du vieux socle vers le socle de réserve propre et désinfecté. Cela nous laissera tout le temps d’analyser le fond de ruche que l’on vient d’enlever. Si sur le fond grillagé gisent quelques dizaines d’abeilles ou moins, c’est bon signe, si elles se comptent en centaine, très souvent, on peut s’attendre à un problème. Si on y trouve des déjections, c’est signes de dysenterie. Des moisissures sont signe d’une aération insuffisante. On peut aussi y trouver des choses telles que limace desséchée, escargot, guêpe, et même souris.

Une fois le socle changé, on procèdera à la visite proprement dite. L’ouverture de la ruche est un stress énorme pour nos colonies d’abeilles. On peut la comparer à une opération lourde qui se ferait dans le ventre d’un être humain. Non seulement, il court un gros risque sur la table d’opération, mais il lui faudra ensuite une longue convalescence pour se remettre. La visite doit donc être rapide, précise et bien organisée. Pour les apiculteurs confirmés cette visite est une routine, mais les nouveaux apiculteurs eux, doivent avant d’ouvrir la ruche, faire la visite plusieurs fois dans leur tête, afin que tout ce passe au mieux.

Quelques règles :

  1. Si l’apiculteur est plus stressé que les abeilles, les gestes ne seront pas précis et sûrs comme il se doit.
  2. Le bien-être des abeilles doit être le principal souci de l’apiculteur.
  3. Les instruments nécessaires seront préparés et à porté de mains (porte cadre, enfumoir, lève cadres…)
  4. On commencera par sortir le cadre de rive et on le posera sur le porte cadre.
  5. En prenant soin de ne pas écraser les abeilles, on décollera les cadres suivants et on les déplacera d’un cran. Attention aux abeilles, la reine peut se trouver parmi elles sur l’un de ces cadres.
  6. Arrivée au milieu, on sortira le cadre avec des gestes sûrs et précis sans écraser la moindre abeille, car il y a de grandes chances que la reine se trouve sur ce cadre ou un cadre voisin. On fera donc l’inspection de ce cadre en le tenant au-dessus de la ruche au cas où cas ou la reine tomberait du cadre.

Les principaux points à observer lors de la visite sont :

  • Le nombre d’abeilles présentes dans la ruche : A l’ouverture, si toutes les ruelles sont occupées on aura affaire à une ruche forte. Si uniquement un, deux ou trois cadres du milieu sont occupés, ce sera une ruche faible.
  • Les provisions : Si les cadres de rive contiennent encore quelques kilos de miel, cette ruche aura assez de provisions pour l’élevage des abeilles du mois d’avril et mai. Si ces cadres sont vides, il faudra nourrir immédiatement.
  • Le couvain : Sur les cadres du centre, du couvain doit être présent : quatre ou cinq cadres pour des ruches en forme un ou deux pour une ruche faible.
  • L’aspect du couvain : Idéalement le couvain doit être bien compact, pondu concentriquement. Un couvain disséminé, en mosaïque ou troué ou affaissé doit attirer votre attention. Cela peut être le signe d’une reine en mauvais état ou âgée ou plus grave, d’une colonie malade.
  • La reine : Si du beau couvain est présent, inutile de chercher longtemps la reine. Par contre si le couvain est absent, il faut absolument être sûr qu’une reine est présente. Si oui, il faut essayer de comprendre pourquoi il n’y a pas de ponte. La reine est-elle trop vieille ? n’a-t-elle pas assez d’abeilles nourrices ?

Selon le cas, on devra introduire une nouvelle reine, nourrir, stimuler, ajouter des cadres de couvain prises à des ruches fortes, agrandir ou diviser les colonies très fortes… Mais attention si vous faites des nucleï, rappelez-vous qu’il faudra que des mâles matures soient présent lorsque votre reine naîtra donc ne les faites pas trop tôt dans la saison. Profiter de la visite de printemps pour renouveler les cadres trop vieux, c’est une question hygiène.

Votre visite de printemps faite, il ne reste plus qu’à espérer de belles miellées et pas d’essaimage. Car n’oublions pas que les premiers essaimages se produisent déjà mi-avril surtout si la température s’y prête et si la nature est généreuse de nectar et de pollen.

Mesures à prendre en cas de problème détecté lors de la visite :

  • Le problème le plus couramment rencontré lors de la visite est une ruche trop faible. Dans la ruche, il semble y avoir assez d’abeille, assez de réserves, mais peu de couvain : certaines races d’abeilles ont du mal à démarrer en début de saison, s’il y du couvain, il n’y a peut-être pas à s’inquiéter outre mesure. Quelques jours de stimulation au sirop 50 : 50 devraient arranger les choses.
  • S’il n’y a pas ou peu de couvain, assez de réserves, une reine est présente, mais peu d’abeilles : il s’agit là aussi d’une colonie faible. Mais la faible ponte de la reine est sans doute due au peu de nourrices présentes. Dans ce cas, il faut trouver un cadre de couvain naissant dans une ruche forte pour le donner à cette ruche faible. En même temps, on stimulera avec du sirop 50 : 50.
  • S’il n’y a pas de couvain du tout, assez de réserves, une reine présente et que la colonie semble assez peuplée : c’est sans doute dû à une reine trop vieille ou malade. Dans ce cas, il faudra la changer au plus vite avant que la colonie ne dépérisse. On peut bien essayer la stimulation, mais les chances sont minces.
  • Un autre problème couramment rencontré est le manque de réserves. Si l’élevage a commencé très tôt dans la saison, toutes les réserves ont été consommées et pour peu que la nature ne permet pas de rentrées de provisions, il faut nourrir au sirop ou si les températures ne s’y prêtent pas : au candi. S’il n’y a pas assez de réserves la reine limitera ou arrêtera sa ponte.
  • Une maladie du couvain se détecte à son aspect. Un couvain en mosaïque ou clairsemé doit vous alerter. Si ce n’est dû à une vieille reine fatiguée, c’est souvent un signe de maladie (quelquefois grave). Si en plus, les opercules sont aplatis ou affaissés, en partie perforés, éclatés, fendillés ou absents, de couleur sombre, brune, noire, jaune-verdâtre et si tout cela s’accompagne d’une odeur nauséabonde, parfois aigre : c’est sûr, votre ruche est malade et vous devez de toute urgence faire appel à l’agent sanitaire de votre secteur.
  • Si le couvain est irrégulier, en «mosaïque» et recouvert d’un duvet blanchâtre ou verdâtre en surface, que les larves sont comme momifiées, dures, non-adhérentes aux parois, friables comme du plâtre, cassantes comme du calcaire : c’est l’ascophaerose ou ce qu’on appelle couramment le « couvain plâtré ». Un cadre secoué émet un bruit particulier : comme un grelottement. Cette maladie est très souvent due à des mauvaises conditions climatiques, à un emplacement humide et défavorable pour des ruches ou à une colonie peu ou pas nettoyeuse. Cette maladie est souvent soignée aux huiles essentielles de sarriette des montagnes et d’origan d’Espagne toutes deux ayant des propriétés fongicides.

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1 commentaire

La vie de la ruche en avril - Les Apiculteurs Savoyards 1 mai 2020 - 7 h 42 min

[…] Au rucher […]

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