Les travaux de la ruche au mois de février

par Fa1con74

Sommaire

Le mois de février est court mais à haut risque. Le redémarrage des colonies depuis quelques semaines sur lequel arrive le froid mettent les colonies en situation périlleuse. Il leur faut produire beaucoup de chaleur pour tenir ce tout nouveau couvain. La grappe se disperse, les abeilles chauffant le couvain consomment énormément de miel. Le poids des ruches baisse rapidement de l’ordre d’un kilo par quinzaine selon la taille des colonies. Le couvain ouvert est facilement abandonné, il meurt de froid, les abeilles le sortiront des cellules dès les premiers rayons de soleil, par contre les abeilles s’accrochent au couvain fermé, il est encore peu volumineux et si la colonie est importante, la grappe entoure ce couvain, si la grappe est petite la surconsommation de miel sera au rendez-vous pour tenir ce couvain à 34°c.

QUE SE PASSE-T-IL A L’INTERIEUR DE LA RUCHE

Les nuits sont encore très froides et les journées le plus souvent grises et pluvieuses ou neigeuses. Mais quand le soleil se montre, on sent bien que ce n’est plus un soleil d’hiver et ses rayons sur l’avant de la ruche ont vite fait de faire monter la température au-delà des 20°C à l’intérieur. Si les abeilles sont encore en grappe la nuit, dans la journée par ces températures, la grappe se disloque et la colonie commence alors à revivre. La période critique est celle du « passage de relai » entre les abeilles d’hiver et les premières abeilles du printemps. Ce passage de relai a lieu en général fin février-début mars, période pendant laquelle les premières abeilles d’hiver meurent et doivent être remplacées par les jeunes abeilles naissantes. Si les abeilles d’hiver sont trop affaiblies par une maladie par exemple ou fatiguées par de durs labeurs en fin de saison dernière, leur durée de vie sera raccourcie et elles risquent de ne pas pouvoir attendre la relève … C’est alors que meurent « subitement » des ruchers entiers …

Vol de propreté :

Durant ces longs mois de claustration, leurs organismes sont fatigués, leurs réserves commencent à s’épuiser et les intestins se sont remplis. Il faut absolument quelques belles journées en ce mois de février pour que nos abeilles puissent sortir et se délester du contenu de leur intestin. Nos abeilles ont été cloitrées durant de longues semaines surtout si en décembre et en janvier il faisait froid, pluvieux ou neigeux. Aux premiers rayons de soleil et aux premières températures agréables, ce sera la ruée vers l’extérieur. On verra alors ces nuées d’abeilles sortant frénétiquement du trou de vol et déféquant en plein vol à quelques dizaines de mètres de leur ruche. C’est à cette première sortie que l’on pourra se faire une idée de l’état de chaque colonie. Si la neige couvre encore le sol lors de ces sorties, on aura un manteau blanc maculé de centaines ou de milliers de taches jaunes. Mais la neige est aussi un piège pour nos abeilles qui sont attirées par sa blancheur et sa brillance au soleil. Elles se posent et paralysées par le froid, elles ne pourront plus s’envoler et regagner leur ruche. Chaque année, ma bonne action consiste à ramasser ces dizaines d’abeilles sur la neige et de les réchauffer dans un récipient que je pose sur un radiateur avec un kleenex imbibé d’une solution de miel. Je suis assez fière de dire qu’au moins 99 % d’entres elles sont en pleine forme après un quart d’heure et regagnent leur ruche.

Reprise de la ponte :

On dit souvent que février est le mois qui décide de la vie ou de la mort de nos colonies. Effectivement, c’est au mois de février que doivent redémarrer nos ruches. Après le vol de propreté, les différentes glandes des abeilles entrent à nouveau en fonction. Les glandes hypopharyngiennes et mandibulaires chez les nourrices, les glandes cirières chez les abeilles constructrices et les glandes de Dufour et Koshevnikov chez la reine. Toutes ces transformations font que la colonie renaît et que la reine recommence sa ponte. Ce ne sont que quelques dizaines d’œufs d’abord, mais cela permet de remettre la machine en route. Ce n’est que fin du mois, à condition que les températures montent, que la colonie revivra vraiment. Si la reine est en forme et la colonie assez forte, la reine commencera alors réellement sa ponte. Les premières provisions de pollen rentreront et ce sera aux abeilles d’hiver à faire qu’en sorte la transition se passe au mieux.

Provisions :

La reine a recommencé sa ponte et il faut donc s’occuper du jeune couvain avec le reste des réserves de miel et de pollen, car dehors, les ressources sont encore rares ou inexistantes. Il faut aussi chauffer le couvain, car les nuits sont fraiches, et même si les journées sont agréables le couvain a besoin de chaleur et pour produire cette chaleur, il faut consommer du miel. La consommation de la ruche augmente subitement en flèche. Seule l’eau, les oligo-éléments et les minéraux pour faire les bouillis larvaires sont cherchés au-dehors, le miel et une grosse partie du pollen sont ceux qui ont été stockés l’automne dernier. Pour recueillir cette eau et ces minéraux, nos abeilles butinent par dizaines ou par centaines sur les pentes sablonneuses et humides qui sont exposées aux premiers rayons de soleil. On comprend mieux pourquoi il est important de surveiller les réserves de nos ruches à cette époque de l’année. Certaines races d’abeilles pour sauver la colonie, arrêtent l’élevage lorsqu’elles manquent de provisions. Mais d’autre continuent l’élevage coûte que coûte, quitte à mourir de faim.

CE QUE DOIT FAIRE L’APICULTEUR SUR LES RUCHES

On vient d’en parler, si vous avez hiverné vos ruches avec assez de nourritures, inutiles de vous inquiéter à moins que l’élevage ait commencé très tôt en janvier, les réserves devraient suffire jusqu’à ce que la nature prenne le relais. Mais si vous avez des doutes, soupeser vos ruches pour être sûr que leurs réserves sont suffisantes. Si mifévrier ou fin février les températures sont raisonnables, l’activité au trou de vol sera déjà forte, les tuiles ou planchettes de protection du trou de vol (si vous en avez mises) seront enlevées. A moins que vous ayez des colonies très fortes et très actives, il est encore un peu tôt pour agrandir le trou de vol. C’est à vous de juger, si vous voyez qu’au plus chaud de la journée il y a embouteillages, le trou de vol pourra déjà être agrandi. Ce n’est pas parce qu’une colonie ne sort pas ou peu qu’elle est faible ou morte. D’abord, cela dépend avant tout de la force de la colonie, mais aussi de l’exposition de la ruche et puis pour chaque race d’abeille une température minimale est nécessaire pour les inciter à faire leur premier vol de propreté. En général, des races comme les frères Adam et linguista ont besoin de températures plus élevées que les carnicas, les caucasias et les abeilles noires par exemple. Pour les colonies qui vous paraissent faibles, il faut réfléchir à ce qui peut être fait. Après avoir soupesé la ruche et s’il y a manque de nourriture, il faut le plus souvent les nourrir avec du candi à moins que les températures diurnes dépassent déjà largement les 15°C. On peut alors se permettre de les nourrir avec du sirop 50-50 tiède (30-40°C). A moins d’être sûr (absolument sûr) que la colonie soit morte, il est hors de question d’ouvrir la ruche par ces températures car ce serait condamner à mort tout le couvain qui donnera les premières jeunes abeilles.

Ruches inactives :

Soyez patient, si rien ne se passe encore au trou de vol alors que toutes les ruches voisines sont de sortie, vous pouvez coller votre oreille à la paroi latérale de la ruche et donner un coup fort et sec sur l’avant de la ruche. Si vous entendez alors un bruissement court tout va bien, un bruissement long ininterrompu est peut-être le signe d’une ruche orpheline. Mais pour en être sûr, il faudra attendre la visite de printemps. Si vraiment rien n’est audible à l’intérieur même après avoir répété les coups sur l’avant de la ruche, c’est plutôt inquiétant. Dans ce cas, vous pouvez alors soulever le couvre-cadre ou le nourrisseur et si vraiment la ruche est morte, vous pouvez soit fermer le trou de vol pour qu’il n’y ait pas de pillage et transmission de maladie, soit l’éloigner et l’étudier afin de comprendre éventuellement pourquoi elle est morte. Si elle est morte par manque de nourriture, c’est là la cause la plus honteuse et la plus ridicule qui puisse exister pour l’apiculteur qui lui a prélevé tout son miel et qui l’a ensuite laissé mourir de faim. Dans le cas d’une ruche morte de faim, on trouve une grande partie des abeilles mortes, la tête enfoncée dans les alvéoles vides et l’autre partie au fond de la ruche. Tous les cadres de miel sont, bien sûr, vides.

Maladies :

Il faut aussi surveiller des signes de dysenterie ou de noséma, en général on trouve des déjections très liquides sur l’avant de la ruche et sur la planche de vol. Une dysenterie en ce début de saison signifie développement difficile et durée de vie limitée pour les abeilles adultes. Il faut très vite prendre des mesures et les soigner avec un sirop 50-50 tiède (30-40°C) additionné d’un traitement au thymol et aux polyphénols en espérant qu’il fasse assez bon pour qu’elles consomment de la nourriture liquide. On peut aussi essayer le vinaigre de cidre dans un sirop 50-50 tiède (30-40°C) elles adorent le vinaigre et auront peut-être plus envie de le consommer. Le vinaigre ne soigne pas la noséma, mais est suffisant s’il s’agit d’une simple dysenterie.

Agrandissement du trou de vol :

Comme nous l’avons dit plus haut, si vous avez mis une tuile inclinée sur la planche de vol, vous pouvez l’enlever. Les rayons du soleil entreront par le trou de vol, mais en février ce n’est plus un problème. De même, le risque d’obstruction du trou de vol par des feuilles mortes, de la neige ou de la glace est devenu très mince. L’agrandissement du trou de vol par contre dépend de la force de la colonie. En ce début de saison, il est rare d’avoir des colonies de force identique. Il faudra donc agrandir le trou de vol en février pour certaines ruches et pour d’autres, il faudra laisser la porte d’hiver jusqu’à mi-mars. La meilleure chose à faire est de regarder s’il y a des embouteillages au plus chaud de la journée. Si vous voyez que les butineuses ont du mal à rentrer pour déposer leur pollen et leur nectar, il faut absolument agrandir la porte. En ce qui me concerne, j’utilise une porte d’hiver dont l’ouverture est de 5 cm de longueur par 0.8 cm de hauteur, puis en début de saison, je passe sur la porte Nico (au besoin, je ferme quelques ouvertures aux extrémités), enfin en pleine saison, je ne mets plus de portes du tout et l’ouverture sera alors sur toute la largeur de la ruche (de 30 cm par 1.3 cm de hauteur).

Les floraisons

Ca y est les végétaux tels que les perce neige et les crocus pointent le bout de leurs feuilles. En forêt les fleurs de noisetiers les mieux exposés délivrent déjà leur pollen. Les bourgeons des saules marsault commencent à verdir. Les fleurs de l’aulne s’allongent.

Que faire sur les ruches

Surveiller les rentrées de pollen, comparer l’activité d’une ruche par rapport à l’autre. Si le temps s ‘y prête, enlever les protections hivernales devant le trou de vol et agrandir le trou de vol si nécessaire. Surveiller les provisions. Apporter un complément de nourriture solide (candi) si nécessaire .Surveiller d’éventuelles maladies.

Ce qu'il faut retenir

Au-dessous de 10°C les abeilles ne prennent que des nourritures solides (candie ou miel cristallisé). Selon la race d’abeille et la force de la colonie, les premières sorties se font à des températures différentes. La ruche d’une colonie morte doit être fermée au plus vite pour éviter les pillages.

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